Golden Gio, la rentrée d’un crack annoncé

Publié le 26 décembre 2025 à 21:16

l y a des retours qui ne trompent pas. Et celui de Golden Gio, le 25 décembre 2025 sur la grande piste de Vincennes, appartient clairement à cette catégorie. Absent depuis six mois, le pensionnaire de Sébastien Guarato n’a pas seulement gagné le Prix de Château-Chinon : il a marqué les esprits, laissant une impression de supériorité rare pour un cheval de 3 ans effectuant une vraie rentrée.

Dans une épreuve pourtant bien composée, Golden Gio a rapidement montré qu’il n’était pas là pour faire de la figuration. Installé en progression, souvent le nez au vent, il a tiré sur son partenaire Mathieu Abrivard avec une facilité déconcertante. Dans la phase finale, le chronomètre parle de lui-même : 1’13’’8 sur 2 700 mètres, un temps de premier plan pour son âge… mais surtout une manière qui interpelle les observateurs avertis.

Un style qui sent le très haut niveau

Ce qui frappe chez Golden Gio, c’est son relâchement. Toujours posé, toujours dans son action, il évolue sur le pied du 1’08 en roue libre dans la ligne d’arrivée, sans jamais se désunir. Un cheval qui semble aller « au petit train », mais qui, lorsqu’on lui demande, change brutalement de vitesse.
« Il est toujours en petite allure, et quand il accélère, il s’envole », résume parfaitement Sébastien Guarato, qui n’hésite pas à le comparer, dans son style, à Bold Eagle : même côté nonchalant, même efficacité froide.

Autre détail révélateur : Golden Gio portait pour la première fois un débouchoir d’oreilles… qui n’a même pas été actionné. Les bouchons étaient encore en place au passage du poteau. Un signal fort.
« Le jour où on pourra déboucher, on n’aura pas tout vu », glisse l’entraîneur, convaincu que le cheval possède encore une grosse réserve.

Une rentrée maîtrisée après une longue absence

Il faut rappeler le contexte. Golden Gio n’avait plus couru depuis le 21 juin 2025, à Naples, où il avait été disqualifié, comme quelques jours plus tôt. Entre-temps, le cheval a subi une opération des deux boulets postérieurs, une intervention toujours délicate à cet âge.
Six mois plus tard, le verdict est sans appel : l’opération est une réussite totale.

Physiquement, le cheval a gagné en force. Mentalement, il a franchi un cap.
« Il a un gros moteur, mais surtout un gros mental. C’est mon futur champion », insiste Guarato. Désormais présenté sans enrênement et appelé à être déferré des quatre, Golden Gio semble enfin armé pour exprimer tout son potentiel.

Une valeur déjà établie

Ce retour gagnant ne sort pas de nulle part. Golden Gio avait déjà frappé fort l’hiver dernier, en s’imposant le 25 janvier 2025 dans le Prix Paul Viel, où il dominait des éléments majeurs de la génération comme Maître Jacques ou Mack de Blary, aujourd’hui références chez les 3 ans en France.
Une victoire qui avait déjà placé le cheval dans les carnets rouges des spécialistes.

La démonstration de Noël vient confirmer ce que beaucoup pressentaient : Golden Gio fait partie de l’élite de sa promotion, et sans doute plus encore.

Cap sur les groupes I ?

Forcément, les ambitions montent. Dans l’entourage, un objectif est déjà clairement identifié : le week-end du Prix d’Amérique 2026, et notamment le Prix Ourasi, groupe I réservé aux 4 ans.
« On va essayer de défendre notre titre. On l’a gagné avec Krack Time Atout et Franck Gio. Tenter le coup de trois serait formidable », avance Guarato, lucide mais ambitieux.

À ce stade, une chose est sûre : Golden Gio possède le moteur, la tenue, le mental et la marge pour viser les sommets. Sa rentrée de Vincennes n’était pas un simple succès de circonstance, mais bien un avertissement lancé à toute la génération.

 

Par Victor Cloarec 


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