Par Victor Cloarec
Les chiffres sont là, et ils sont préoccupants. Depuis plusieurs mois, les enjeux du PMU continuent de reculer. Nous avions pourtant pu entrevoir une légère lueur d’espoir au mois de mai, mais celle-ci n’aura finalement pas suffi à inverser la tendance.
Certes, le jeu simple résiste relativement mieux que les autres paris. Mais dès que l’on regarde les jeux à combinaison, le constat est beaucoup plus inquiétant : les enjeux s’effondrent. La situation n’est pas simple, et personne ne doit se voiler la face. Aujourd’hui, notre filière a besoin d’un véritable sursaut.
Un sursaut qui doit venir avant tout de nos dirigeants. Le développement de PMU Play n’est sans doute pas une mauvaise idée. Au contraire, il représente une piste intéressante pour moderniser l’offre et attirer un nouveau public. Mais désormais, il faut accélérer. Il faut développer davantage cet outil, lui donner de la visibilité et en faire un véritable levier de croissance.
Dans le même temps, la province, qui constitue pourtant la base de notre passion et le socle des courses françaises, manque toujours de soutien. Les hippodromes de province sont les fondations de la filière. Ce sont eux qui font découvrir les courses au grand public, qui permettent aux professionnels de vivre leur passion et qui assurent le maillage territorial unique dont nous pouvons être fiers.
Pourtant, là aussi, les signaux sont inquiétants. La fréquentation de nombreux hippodromes est en baisse. Alors comment redonner le goût des courses ? La question mérite d’être posée.
La réponse passe sans doute par davantage d’animation, davantage d’événements et davantage de proximité avec le public. Mais encore faut-il utiliser les moyens disponibles de manière cohérente.
Faire venir le chanteur Gims lors du Prix d’Amérique était-il réellement la meilleure décision ? Pour un coût estimé à près de 300 000 euros et un spectacle d’une vingtaine de minutes, la question peut légitimement être posée. N’aurait-il pas été plus judicieux d’organiser un tel événement lors du Prix de Paris ou d’une autre grande réunion où l’hippodrome peine davantage à se remplir ?
Car soyons honnêtes : le jour du Prix d’Amérique, qu’il y ait un concert ou non, l’hippodrome de Hippodrome de Vincennes affiche complet. C’est même devenu l’une des rares journées de l’année où cela se produit systématiquement. L’investissement aurait peut-être eu davantage de sens sur une réunion moins exposée.
Mais le véritable défi se situe ailleurs : sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, les petits médias spécialisés sont en train de devenir l’un des principaux relais de communication de la filière. Avec des moyens souvent limités, ils touchent pourtant chaque jour des milliers de passionnés.
Sur TikTok, Instagram, Facebook, YouTube ou encore X, de nombreux créateurs de contenu, médias indépendants et ambassadeurs contribuent à faire vivre les courses auprès d'un public plus jeune. C'est probablement là que se trouve une partie de l'avenir de notre sport.
La filière doit comprendre que la communication de 2026 n'est plus celle de 2010. Il faut travailler davantage avec les influenceurs, les créateurs de contenu et les médias digitaux qui parlent quotidiennement aux turfistes. Ils représentent une vitrine moderne, accessible et souvent beaucoup moins coûteuse que certaines opérations de communication traditionnelles.
Pourquoi ne pas créer un véritable réseau d'ambassadeurs des courses ? Pourquoi ne pas accompagner davantage les médias indépendants qui produisent chaque semaine des vidéos, des reportages et des analyses ? Ces acteurs participent à la promotion des courses et méritent d'être considérés comme des partenaires à part entière.
Le redressement passe également par le développement du pari en ligne sur les hippodromes de province. Des initiatives existent déjà et elles vont dans le bon sens. Mais il faut désormais passer à la vitesse supérieure. Cela ne coûte quasiment rien et cela permettrait de moderniser l’expérience des spectateurs.
Enfin, il faut avoir le courage d’innover. Innover dans les paris proposés. Créer de nouveaux produits. Simplifier l’offre lorsque cela est nécessaire. Et surtout, supprimer certains paris qui ne répondent plus aux attentes des joueurs et qui contribuent à la baisse générale des enjeux.
Le temps des constats est terminé. L’heure est désormais à l’action.
Les courses françaises possèdent encore des atouts exceptionnels : des chevaux de classe mondiale, des professionnels passionnés, des hippodromes présents sur tout le territoire et une histoire unique. Mais rien n'est acquis.
Le sursaut, c'est maintenant.
Sans réaction rapide, la baisse des enjeux, la diminution du public et le vieillissement de notre audience pourraient fragiliser durablement l'ensemble de la filière.
Le sursaut maintenant, ou les courses à jamais.
Victor CLOAREC
Rédacteur en chef de Leturf_1
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Commentaires
Vous vous trompez cher monsieur la fréquentation sur les hippodrome de province à augmenter depuis ces dernières années ce qui ne marche pas c'est le PMU !!?
Pourquoi ne pas reprendre certains codes des paris sportifs… les cotes fixes sur certains paris (dimanche E Raffin va gagner 4 courses par exemples) et pourquoi ne peut-on pas joué sur la deuxième voir troisième division (pmh aujourd’hui)
Trop fort Victor
Mon groupe TROT & PASSION PARTAGÉE consacre une large place à la province et tous les jours je fais un digest pour informer le plus de nombre possible je ne me contente pas de faire suivre on essaie d'être une courroie de transmission. On informe également les éleveurs.. on explique on partage.. et cest totalement désintéressé...