À seulement 21 ans, Jean Ferron n’est plus très loin de franchir un cap. Avec 44 victoires, l’apprenti de l’écurie Charley Mottier n’est plus qu’à six succès de passer professionnel. Bien placé à l’Étrier d’Or, offensif en piste et ambitieux pour la suite : le jeune jockey est clairement à suivre de près.
La passion des courses, Jean Ferron l’a connue très tôt. Son père était jockey, même s’il ne l’a pas connu dans le métier. « Tout petit, je regardais déjà les courses à la télé. Puis vers l’âge de 12-13 ans, j’ai vite été au contact des chevaux. »
Direction ensuite l’école de Graignes, où il entame son apprentissage chez Jean-Claude Hallais, avant de rejoindre l’écurie Charley Mottier. Et rapidement, l’envie de courir laisse place à celle de gagner.
« Au début, on pense à vouloir courir. Après, ça arrive, on veut gagner et ça vient gentiment, mais sans se mettre la pression. Je suis surtout tombé dans une bonne écurie qui m’a fait confiance et où j’ai monté beaucoup de bons chevaux. »
Une confiance à laquelle s’ajoutent des opportunités à l’extérieur : « J’ai aussi été disponible pour des entraîneurs extérieurs. Je pense que ça a fait la différence comparé aux autres apprentis. »
Plus que six victoires
Avec 44 succès, Jean Ferron se rapproche désormais de la barre des 50, synonyme de passage chez les professionnels. Et même si les dernières peuvent être les plus difficiles à obtenir, lui affiche sa confiance.
« Pour y arriver avant la fin de l’année, je suis quand même assez confiant. Quand, je ne sais pas, mais je pense que je vais les atteindre avant le 31 décembre, ça c’est sûr. »
Un objectif qui passera notamment par le prochain meeting d’hiver. En octobre, il retrouvera Grosbois avec l’écurie Charley Mottier. « On revient à l’automne pour préparer le meeting d’hiver. Je vais redescendre à Grosbois avec Charley pour préparer les chevaux et pour les courir aussi. »
« Le Prix Yvonic-Bodin, c’est le Graal »
Parmi ses 44 victoires, une possède une saveur particulière : le Prix Yvonic-Bodin avec Impala de Val.
« Je dirais le Prix Yvonic-Bodin quand même, c’est la plus belle. Toutes les victoires sont belles, mais le Prix Yvonic-Bodin, c’est le Graal. »
Ses performances lui permettent aussi de se retrouver parmi les meilleurs au classement de l’Étrier d’Or. « Quand on est un apprenti en vogue et qu’on gagne des courses, forcément on arrive dans le classement. Je ne sais pas si ça va rester comme ça l’année prochaine, j’espère pour moi, mais je suis très content de faire partie du Top 15 cette année. »
Un jockey offensif
S’il commence également à prendre ses marques à l’attelé, Jean Ferron ne cache pas sa préférence : le trot monté.
« C’est par là que j’ai commencé. Même sans courir, je montais déjà. C’est la discipline où je me sens le plus à l’aise, où je me sens vraiment en harmonie avec mon cheval. »
Et sur la piste, son style est assumé. « Je suis plus un jockey offensif. C’est un peu la marque de fabrique de la maison. Chez nous, on a des chevaux assez durs, il faut prendre nos aises en partant. Une fois qu’ils partent sur la bonne, normalement on peut aller devant, dérouler à leur main et ils ne vont pas s’arrêter. »
Pour l’avenir, Jean Ferron envisage déjà une autre facette du métier. « Pourquoi pas devenir entraîneur. Pour devenir catch-driver, c’est très dur, il faut avoir de bons contacts et puis il faut être bon surtout. Je pense que je me dirigerais plutôt vers une carrière d’entraîneur. »
Six victoires le séparent désormais du statut de professionnel. À 21 ans, Jean Ferron ne veut pas se mettre de pression, mais avance vite. Et à quelques semaines du retour à Grosbois et du meeting d’hiver, son nom est assurément à retenir.
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